Skip to content

Licorne

mars 13, 2013

Étymologie et terminologie

Unicorn_in_Captivityhttp://www.huffingtonpost.fr/2012/12/01/coree-du-nord-taniere-licornes_n_2222814.html

L’ancêtre de la licorne est nommé monokeros (μονόκερως) en grec ancien, ce qui signifie « avec une seule corne ». Ce nom grec est peut-être issu de l’Arabe « karkadann », qui désigne aussi le rhinocéros.
Monokeros devient unicornis en latin, signifiant également « à une seule corne » (de unus, « une » et cornu, « corne »), d’où l’autre nom de la licorne en français : unicorne. Le nom français « licorne » est, d’après la théorie la plus récente, un emprunt du XIVe siècle à l’italien alicorno, lui-même forme altérée du latin chrétien unicornis. Le latin unicornis a également pu donner le français « licorne » après suppression de la lettre « u » et transformation du « n » en « l »4. Selon la linguiste Henriette Walter, le mot « licorne » provient de deux erreurs successives : la prononciation « unicorne » sous l’influence du latin et du mot anglais unicorn a fait croire qu’il s’agit d’« une icorne », avec l’article indéfini, d’où l’icorne avec l’article défini, ce qui a donné le mot « licorne ». Selon une interprétation moderne non-reconnue, ce nom pourrait signifier « corne de la loi », « épée de justice », « corne de lumière » ou même « corne de la lune » en langage des oiseaux.
De nombreuses créatures issues de légendes et de récits d’explorateurs sont nommées ou surnommées « licorne », leur seul point commun étant la présence supposée d’une corne unique. C’est le cas du qilin chinois, plus connu au Japon sous le nom de kirin, de l’indrik russe, du re’em de la Bible, du tragelaphos d’Aristote, du Karkadann et du Shadhahvar perses, du Kartazonos (καρτάζωνος) d’Élien le Sophiste (dérivé du sanskrit « Kartajan », signifiant « roi du désert »2,7), du camphruch et du pirassoupi d’André Thevet. Après sa découverte, le mammifère marin à l’origine du commerce des « cornes de licorne » en occident, le narval, acquiert le surnom de « licorne de mer », le narval étant perçu comme la version aquatique de l’animal terrestre légendaire, ce surnom perdure. L’Elasmotherium, grand rhinocerotidae éteint vu comme une origine possible des licornes asiatiques, est pour sa part surnommé la « licorne géante ».
La licorne fascine l’humanité depuis des siècles, l’abondante production littéraire et artistique à son sujet en témoigne. Bien que de nombreuses explications scientifiques dévoilent son origine (confusions avec des animaux réels et créations artificielles, en particulier), un mystère demeure dans l’universalité de sa légende et surtout son côté mystique et ésotérique, porté par des « artistes, conteurs et rêveurs » enclins à la méditation. Les œuvres historiques qui la mettent en scène possèdent souvent une forte charge symbolique, à l’image des tapisseries et des bestiaires du Moyen Âge. Les théories concernant les origines de la licorne se révèlent plus ou moins sérieuses, à tel point qu’Odell Shepard suggère non sans humour dans son ouvrage The lore of the unicorn, publié en 1930, qu’elle doit provenir de l’Atlantide ou des montagnes de la lune.
Le principal débat concerne l’influence de créatures unicornes asiatiques, peut-être connues depuis la préhistoire, sur la licorne occidentale dont l’image s’est forgée au Moyen Âge. Défendue par l’ésotériste Francesca Yvonne Caroutch, cette théorie est réfutée par la thèse de Bruno Faidutti et d’autres études universitaires qui pointent une tendance au syncrétisme sous l’influence, en particulier, des travaux de Carl Gustav Jung dans Psychologie et alchimie : « en mélangeant tout et n’importe quoi dans l’athanor de sa trop vaste culture », il voit dans la licorne « un symbole universel remontant à la nuit des temps », ce qu’elle n’a jamais été.

Origine occidentale

De Monocerote (de la licorne), gravure dans Historiae Animalium par Conrad Gessner, 1551.
Il est très difficile de remonter l’histoire de la licorne occidentale au-delà des récits de Ctésias, au IVe siècle av. J.-C. Au crédit d’une origine préhistorique, l’une des peintures naturalistes de Lascaux est qualifiée de « licorne » en raison de deux traits rectilignes évoquant une corne sur son front. Il s’agit vraisemblablement de la reproduction déformée d’un lynx.
Les observations mal comprises d’animaux réels expliquent en grande partie les multiples descriptions de la licorne occidentale, mais l’histoire de cette créature se révèle bien plus longue et complexe, notamment en raison de sa symbolique. Création du haut Moyen Âge, la licorne est une chimère, elle ne provient pas d’une mythologie puisqu’elle ne présente aucun lien avec la création du monde, les gestes héroïques ou la fondation d’une ville. Elle naît d’un mélange entre traditions orales et écrites, récits de voyage et descriptions des naturalistes. Son origine est à chercher dans les premiers bestiaires inspirés du Physiologos et les textes gréco-romains, eux-mêmes issus d’observation d’animaux exotiques: d’après Odell Shepard, la licorne occidentale est issue du mélange entre le récit de sa capture par une vierge dans le Physiologos, et la description de Ctésias qui en a fait un animal féroce ne pouvant être chassé par des techniques conventionnelles.

Origine asiatique et orientale

Cette scène du combat d’un lion et d’un animal à une corne figure sur un bas relief des ruines de Persépolis. Elle est souvent citée comme « preuve » de l’ancienne origine orientale de la licorne. Gravure du livre de l’explorateur Carstens Niebuhr : Voyage en Arabie et en d’autres pays circonvoisins, Amsterdam, 1779.
Selon l’ésotériste Francesca Yvonne Caroutch, la licorne est issue du chamanisme asiatique. Sa première trace écrite remonte aux Annales de bambou, en Chine. Intégrée à la mythologie chinoise sous le nom de Qilin, elle devient un symbole cosmique dans la civilisation mésopotamienne, de fécondité et de fertilité dans la civilisation indo-aryenne, présente dans les plus anciennes cosmogonies et des textes religieux et philosophiques aussi bien chinois qu’indiens ou perses, en Himalaya, Mésopotamie, et Crète préhellénique.
Elle penche pour une lointaine origine indienne et perse, l’orientaliste Shrader ajoutant que certains bas-relief perses, représentant un bœuf vu de profil (donc avec une seule corne visible), ont joué un rôle dans la diffusion de la légende de la licorne vers l’occident. Chez les perses, l’unicorne de fécondité neutralise les poisons. Comme dans le Bundahishn des anciens sages persans, on trouve trace de créatures unicornes dans l’Atharva-Véda, l’épopée de Gilgamesh, le Rāmāyana et le Mahâbhârata de l’Inde Antique, qui contribuent à diffuser cette légende dans le monde chrétien. Le conte indien de l’« ermite cornu », ou « Ekasringa », issu des Jātaka (récits des vies antérieures du Bouddha) et du Mahâbhârata, met en scène un ermite solitaire appelé Ekasringa, ce qui signifie « Corne unique ». Il conte le périple d’un mystique méditant et vivant dans la forêt parmi les animaux. En buvant à la même source qu’une antilope divine, il donne naissance à un enfant doté d’une corne unique sur la tête et de pouvoirs surnaturels. Ce conte est souvent cité pour son influence sur la licorne occidentale : certains éléments se retrouveraient dans les croyances perses, elles-mêmes à l’origine des récits gréco-romains concernant le monoceros. Au Japon, en Chine, en Inde et en Perse, des versions différentes existent. Le conte d’Ekasringa, issu de la littérature sanskrite, aurait, toujours d’après F.Y. Caroutch, forgé après de nombreux remaniements la légende de l’apparition merveilleuse d’un animal surmonté d’une corne en ivoire, qui ne peut être capturé que par une jeune fille. Un autre récit asiatique parle de la rencontre entre un avant-garde de l’armée de Genghis Khan et un animal unicorne dans le désert, qui lui dit : « L’heure est venue pour votre Chef de rebrousser chemin et de retourner sur ses terres ».

DEBLEDS J, WILLEFERT L.

Publicités

From → Uncategorized

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :