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Les accords de Munich

Les accords de Munich

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https://en.wikipedia.org/wiki/File:Bundesarchiv_Bild_183-R69173,_M%C3%BCnchener_Abkommen,_Staatschefs.jpg

Introduction

Les accords de Munich furent signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (qui s’était commis en intermédiaire) à l’issue de la conférence de Munich, tenue du 29 au 30 septembre 1938. On notera l’absence planifiée du président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et du secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, Joseph Staline, qui ne furent pas invités.

Ces accords avaient pour but de terminer la crise des Sudètes mais, indirectement, ils scellent la mort de la Tchécoslovaquie comme État indépendant, en permettant à Hitler d’annexer les régions peuplées d’Allemands de la Tchécoslovaquie. Les accords de Munich sont considérés comme ayant mis un terme à la première République tchécoslovaque, la « seconde République » ne vivant ensuite que quelques mois avant son démembrement.

De Versailles à Munich

Même si l’on se réfère souvent au traité de Versailles, c’est en réalité le traité de Saint-Germain-en-Laye qui entérine la situation de fait depuis novembre 1918 qui a vu la proclamation de la République tchécoslovaque. Il fait droit à la revendication des Tchèques et des Slovaques de se doter d’un pays sur une base nationale, selon le principe de Woodrow Wilson, du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Ce traité néanmoins ignore délibérément le fait que les territoires de la Bohême, Moravie, Slovaquie, Ruthénie et Silésie incluent des minorités, voire parfois des majorités (les Allemands des Sudètes, les Hongrois au sud de la Slovaquie, les Polonais en Silésie). De plus, le « peuple » tchécoslovaque est une construction largement artificielle : autrefois unis au sein de la Grande-Moravie, les deux peuples sont depuis longtemps séparés :

les Slovaques viennent de passer presque 1000 ans sous le joug hongrois ;
les Tchèques ont passé autant de temps dans la sphère culturelle et politique allemande (les rois de Bohême sont vassaux puis princes-électeurs du Saint-Empire avant que la couronne passe à la maison d’Autriche).

Ces destinées séparées ont créé de fait deux nations distinctes réunies de manière arbitraire pour justifier leur autonomie.

Les cartes présentées par les représentants tchèques, Karel Kramář et Edouard Beneš, à Saint-Germain, minimisent voire passent sous silence l’existence de ces minorités. Cela devant la nécessité de défendre un État-nation où les Tchèques et les Slovaques combinés ne représentent qu’à peine plus de 50 % de la population, au côté des Hongrois, des Allemands (Sudètes), des Juifs germanisés, des Polonais, des Ruthènes et des Roms, habitant les vestiges d’un empire multiculturel et multiethnique.

La crise des Sudètes

En novembre 1918, les Allemands des Sudètes deviennent une minorité au sein de l’État tchécoslovaque nouvellement créé. Les députés les représentant refusent l’adhésion au nouvel État, exigent le rattachement de leurs régions à l’État autrichien et établissent quatre gouvernements régionaux :

Böhmerwaldgau – au sud de la Bohême demandant son rattachement au Kreis d’Oberösterreich (Haute-Autriche).
Deutschböhmen – au nord-ouest de la Bohême
Sudetenland – en Moravie du nord et Silésie autrichienne (historiquement la Région des Sudètes)
Südmähren – en Moravie du sud demandant son rattachement au Kreis de Niederösterreich (Basse-Autriche).

Collectivement, ces régions sont appelées la Région des Sudètes. Les citoyens de nationalité allemande sont 3 millions dans un pays de 15 millions d’habitants.

Jusqu’en 1935, ce n’est néanmoins qu’une minorité des députés germanophones des Sudètes au parlement tchécoslovaque qui demande la sécession complète de leur région, certains Allemands des Sudètes participant même aux coalitions gouvernementales.

La crise économique de 1929 aura un impact important dans les régions industrielles des Sudètes où le chomage s’élèvera très rapidement accentuant les conflits nationalistes. L’opposition entre les Allemands et les Tchèques s’intensifiera tout au long des années 1930 ponctuée par les bouleversements qui surviennent en Allemagne suite à la prise du pouvoir par Hitler en 1933. La minorité allemande (majoritaire dans les régions concernées), emmenée par le nazi Konrad Henlein amplifie ses exigences et la crise éclate suite à l’Anschluss de l’Autriche et du Reich en 1938. Il est alors évident que la prochaine exigence de Hitler sera la réunification avec la Région des Sudètes.

La crise atteint son paroxysme lorsqu’Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, annonce qu’il annexera cette région, quoi qu’il arrive, le 1er octobre 1938, en sachant parfaitement que cela équivaut à une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, alliés de la Tchécoslovaquie.

La France mobilise alors ses troupes, alors que sur proposition de Benito Mussolini, Hitler organise une conférence de la dernière chance.

La conférence de Munich

Neville Chamberlain arborant à la foule le document qui atteste l’accord de Munich au retour à Londres le 30 septembre 1938.

La France a un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie, mais n’est pas prête pour la guerre. La France de Daladier est à la veille d’élections, situation peu favorable à une opération militaire d’envergure, et elle ne souhaite pas entrer en guerre sans le Royaume-Uni. Hitler a largement surestimé l’étendue du réarmement allemand[réf. souhaitée] et pousse au conflit, ralenti en cela par Mussolini, réticent lui aussi à un conflit européen et qui le pousse à négocier au sein d’une conférence. Elle se tient à Munich en septembre 1938.

La France abandonne la Tchécoslovaquie avec laquelle elle avait passé des accords pour garantir ses frontières. En France, les accords de Munich font consensus. La majorité des hommes politiques sont « munichois », les « antimunichois » sont dispersés sur l’échiquier politique. La droite modérée (sauf un député Henry de Kérillis) et la gauche (SFIO et radicaux) approuvent (sauf Jean Bouhey député SFIO de Côte d’Or ; Léon Blum, lui, est partagé entre « un lâche soulagement et la honte »1) la signature par le radical-socialiste Édouard Daladier (Président du Conseil). Seuls les communistes votent contre la ratification des accords à l’assemblée, ce qui provoquera la fin officielle du Front populaire (qui dans les faits n’existait déjà plus) : Daladier rompt avec les communistes.

Cependant, à son retour en France, Daladier pensait être hué pour avoir cédé à Hitler, les accords de Munich cédant aux nazis la Tchécoslovaquie sans presque rien demander en échange sinon de vagues promesses de paix. Mais à sa sortie de l’avion le ramenant vers Paris, Daladier est vivement acclamé, à sa grande surprise, pour avoir sauvé la paix2.

Au Royaume-Uni, Chamberlain est accueilli en héros à sa descente d’avion au retour de Munich (il est même surnommé « The peacemaker »). Les opinions publiques ont conscience qu’on vient de frôler un conflit majeur, elles sont soulagées et reconnaissantes de ces accords de paix, où de nombreux commentateurs ne voient pourtant qu’un compromis lâche et dilatoire.

Les accords prévoient l’évacuation du territoire des Sudètes par les Tchèques avant le 10 octobre 1938 et son occupation progressive par les troupes allemandes et la rétrocession d’une partie de la Silésie à la Pologne (906 km² – 258 000 habitants).

En plus de ces accords, Chamberlain repart avec une résolution supplémentaire entre le Royaume-Uni et l’Allemagne engageant les parties à négocier de manière pacifique leurs différends futurs. C’est ce document que l’on voit Chamberlain brandir à son arrivée à Londres lors de l’accueil triomphal qui lui fut fait.

Le gouvernement tchécoslovaque capitule le 30 septembre 1938 et se soumet aux termes des accords de Munich. Le président Beneš démissionne le 5 octobre.

Cette dure crise permit aux gouvernements démocrates de mieux prendre la mesure du danger représenté par Adolf Hitler.

Winston Churchill déclara dans le Times du 7 novembre 1938 : « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre »

Les conséquences
Immédiates

Le démantèlement de la Tchécoslovaquie

L’occupation des territoires sudètes a pour conséquence l’expulsion des habitants tchèques de ces régions. Selon les sources, entre 150 000 et 250 000 Tchèques quitteront les territoires accordés à l’Allemagne.

Le 30 septembre 1938, la Pologne donne un ultimatum au gouvernement tchécoslovaque et occupe les territoires contestés de la Zaolzie (région de Český Těšín).

En quelques semaines, la Tchécoslovaquie perd 41 098 km2 et 4 879 000 habitants4

La Tchécoslovaquie perd surtout ses défenses militaires. L’équivalent de la ligne Maginot ayant été construit en grande partie aux marges sudètes du pays, elle se retrouve désormais aux mains du Reich. Sans cette ligne de défense, l’indépendance du pays est plus théorique que réelle ; elle dépend entièrement du bon vouloir nazi et des puissances occidentales qui ont garanti ses frontières lors des accords de Munich.

Le désillusion des Tchèques vis-à-vis des alliés est immense et s’exprime brutalement dans la Presse, sous les expressions redondantes de la « trahison de l’Ouest », « sur nous (à notre sujet) sans nous », la « trahison de Munich » ou encore la « trahison des alliés ».

En mars 1939, les armées du Reich, violant délibérément les accords passés six mois avant à Munich, envahissent et occupent le reste de la Bohême et de la Moravie en y établissant le Protectorat de Bohême-Moravie, alors que la République slovaque devient un État « indépendant », contrôlé par le Reich allemand, sous la houlette de Mgr Tiso. Le Royaume-Uni et la France commencent la mobilisation de leurs troupes même si aucune action concrète n’est prise alors. C’est l’invasion de la Pologne par Hitler, qui marquera le début de la Seconde Guerre mondiale.

Une nouvelle donne internationale

En préparation d’un affrontement que beaucoup redoutaient, les puissances européennes avaient mis leurs armées sur le pied de guerre pour la première fois depuis la Première Guerre mondiale. Si un accord fut trouvé mettant un terme temporaire à la question sudète, et la guerre évitée, il est néanmoins clair que le pire est à venir. La France modifie alors sa loi de programmation militaire pour renforcer son équipement.

Une autre conséquence majeure passe inaperçue et sera, pourtant, lourde de conséquences. Les Allemands, en occupant la Tchécoslovaquie, mettent la main sur les entreprises tchèques d’armement, Skoda en particulier. Les chars tchèques sont de meilleure qualité que les blindés allemands, majoritairement légers en 1939. Certaines divisions comme la 7PzD de Rommel seront équipée essentiellement de LT-35 et LT-38. En cédant face à Hitler, les futurs alliés renforcent son prestige et sa mainmise sur l’Europe centrale mais aussi sa force militaire brute avec l’apport de près de 400 chars largement supérieurs aux 1400 Panzer I et II.

La France et le Royaume-Uni sont discrédités sur le plan international. L’Union soviétique peut voir dans ces accords le risque d’un front commun occidental contre elle. Cette situation internationale nouvelle mènera aux négociations conduisant au pacte germano-soviétique d’août 1939.

En Allemagne, du fait de ces succès en politique extérieure sans guerre, le prestige d’Hitler devient immense et fait taire les derniers opposants, notamment dans l’armée, qui avaient critiqué Hitler comme un aventurier dont la politique conduirait à des catastrophes. Ainsi les Accords de Munich firent avorter un coup d’État militaire contre Hitler.

L’expulsion des Sudètes

Souvent associée aux décrets Beneš, l’expulsion et la « relocalisation » des Allemands des Sudètes est une décision de la conférence de Potsdam en 1945, laquelle ordonna le transfert de quelque 11 millions d’Allemands de Tchécoslovaquie, Pologne et Hongrie.

La Tchécoslovaquie expulse donc, entre 1945 et 1947, trois millions de ses ressortissants allemands, tous soupçonnés d’avoir soutenu le régime nazi ou le parti allemand pro-nazi de Konrad Henlein, à l’exception des combattants antinazis et des personnes rendues indispensables de par leurs qualifications (soit 250 000 personnes et près de 10 % du total).

Les biens de ces Allemands sont confisqués par les décrets Beneš (du nom du président en exil puis intérim Edvard Beneš), et ces citoyens déchus de leur nationalité tchécoslovaque.

Un accord entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie est signé le 19 juin 1973, qui reconnaît la nullité juridique des accords de Munich, sans toutefois en préciser les effets5.

La question des restitutions

Ces décrets ont eu, longtemps après guerre, une influence sur les relations entre la Tchécoslovaquie, devenue ensuite République tchèque et ses voisins autrichien et allemand qui, bien que leurs gouvernements respectifs considèrent la question close, sont restés soumis aux pressions des associations de déplacés (notamment en Bavière), qui revendiquent la révocation de ces décrets. Le vieillissement et la disparition progressive des personnes ainsi expulsées, ainsi que l’entrée de la République tchèque dans l’Union européenne tendent progressivement à rendre ces revendications obsolètes.

Les problèmes juridiques soulevés par les décrets Beneš ont été à nouveau l’objet de débat, en République tchèque comme en Allemagne, lors de l’entrée du pays dans l’Union européenne en 2004. Le gouvernement tchèque négocie une exemption aux principes européens de libre marché et interdit pour une période supplémentaire de dix ans l’achat de biens fonciers par des citoyens européens. L’une des raisons mises en avant étant la crainte que les exilés sudètes puissent revenir en masse et profiter des prix fonciers dévalorisés pour racheter les biens familiaux dans les régions fragilisées.

Le texte des accords de Munich

Le texte

Accord conclu à Munich pour le règlement du conflit germano-tchécoslovaque.

(Le 29 septembre 1938, entre l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie.)

Les quatre puissances : Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, tenant compte de l’arrangement déjà réalisé en principe pour la cession à l’Allemagne des territoires des Allemands des Sudètes, sont convenues des dispositions et conditions suivantes réglementant ladite cession, et des mesures qu’elle comporte. Chacune d’elles, par cet accord, s’engage à accomplir les démarches nécessaires pour en assurer l’exécution :

1. L’évacuation commencera le 1er octobre.

2. Le Royaume-Uni, la France et l’Italie conviennent que l’évacuation du territoire en question devra être achevée le 10 octobre, sans qu’aucune des installations existantes ait été détruite. Le gouvernement tchécoslovaque aura la responsabilité d’effectuer cette évacuation sans qu’il en résulte aucun dommage aux dites installations.

3. Les conditions de cette évacuation seront déterminées dans le détail par une commission internationale, composée de représentants de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie et de la Tchécoslovaquie.

4. L’occupation progressive par les troupes du Reich des territoires à prédominance allemande commencera le 1er octobre. Les quatre zones indiquées sur la carte ci-jointe seront occupées par les troupes allemandes dans l’ordre suivant :

la zone 1, les 1er et 2 octobre;
la zone 2, les 2 et 3 octobre;
la zone 3, les 3, 4 et 5 octobre;
la zone 4, les 6 et 7 octobre.

Les autres territoires à prépondérance allemande seront déterminés par la commission internationale et occupés par les troupes allemandes d’ici au 10 octobre.

5. La commission internationale mentionnée au paragraphe 3 déterminera les territoires où doit être effectué un plébiscite.

Ces territoires seront occupés par des contingents internationaux jusqu’à l’achèvement du plébiscite. Cette commission fixera également les conditions dans lesquelles le plébiscite doit être institué, en prenant pour base les conditions du plébiscite de la Sarre. Elle fixera, en outre, pour l’ouverture du plébiscite, une date qui ne pourra être postérieure à la fin du mois de novembre.

6. La fixation finale des frontières sera établie par la commission internationale. Cette commission aura compétence pour recommander aux quatre puissances : Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie, dans certains cas exceptionnels, des modifications de portée restreinte à la détermination, strictement ethnologique, des zones transférables sans plébiscite.

7. Il existera un droit d’option permettant d’être inclus dans les territoires transférés ou d’en être exclu.

Cette option s’exercera dans un délai de six mois à partir de la date du présent accord. Une commission germano-tchécoslovaque fixera le détail de cette option, examinera les moyens de faciliter les échanges de populations et réglera les questions de principe que soulèveront lesdits échanges.

8. Le gouvernement tchécoslovaque libérera, dans un délai de quatre semaines à partir de la conclusion du présent accord, tous les Allemands des Sudètes des formations militaires ou de police auxquelles ils appartiennent, dans la mesure où ils désireront cette libération.

Dans le même délai, le gouvernement tchécoslovaque libérera les prisonniers allemands des Sudètes qui accomplissent des peines pour délits politiques.

Munich, le 29 septembre 1938.

Le chancelier du Reich,
Adolf Hitler.

Le premier ministre du Royaume-Uni,
Neville Chamberlain.

Le président du Conseil français,
Édouard Daladier.

Le chef du gouvernement italien,
Benito Mussolini.
Annexes de l’accord

Annexe première

Le gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni et le gouvernement français ont conclu l’accord ci-dessus, étant entendu qu’ils maintiennent l’offre contenue dans le paragraphe 6 des propositions franco-britanniques du 19 septembre 1938, concernant une garantie internationale des nouvelles frontières de l’État tchécoslovaque contre toute agression non provoquée.

Quand la question des minorités polonaise et hongroise en Tchécoslovaquie aura été réglée, l’Allemagne et l’Italie, pour leur part, donneront également une garantie à la Tchécoslovaquie.

Annexe II

Les chefs des gouvernements des quatre puissances déclarent que le problème des minorités polonaise et hongroise en Tchécoslovaquie, s’il n’est pas réglé dans les trois mois par un accord entre les gouvernements intéressés, fera l’objet d’une autre réunion des chefs des gouvernements des quatre puissances aujourd’hui assemblés.

Annexe III

Toutes les questions qui pourront naître du transfert du territoire sudète seront considérées comme du ressort de la commission internationale.

Annexe IV

Les quatre chefs des gouvernements ici réunis sont d’accord pour que la commission internationale prévue à l’accord en date de ce jour soit composée du secrétaire d’État à l’Office des affaires étrangères, des trois ambassadeurs accrédités à Berlin, et d’un membre à nommer par le gouvernement tchécoslovaque.

Pierre Hamel

Pierre Blanpain de Saint Mars

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Licorne

Étymologie et terminologie

Unicorn_in_Captivityhttp://www.huffingtonpost.fr/2012/12/01/coree-du-nord-taniere-licornes_n_2222814.html

L’ancêtre de la licorne est nommé monokeros (μονόκερως) en grec ancien, ce qui signifie « avec une seule corne ». Ce nom grec est peut-être issu de l’Arabe « karkadann », qui désigne aussi le rhinocéros.
Monokeros devient unicornis en latin, signifiant également « à une seule corne » (de unus, « une » et cornu, « corne »), d’où l’autre nom de la licorne en français : unicorne. Le nom français « licorne » est, d’après la théorie la plus récente, un emprunt du XIVe siècle à l’italien alicorno, lui-même forme altérée du latin chrétien unicornis. Le latin unicornis a également pu donner le français « licorne » après suppression de la lettre « u » et transformation du « n » en « l »4. Selon la linguiste Henriette Walter, le mot « licorne » provient de deux erreurs successives : la prononciation « unicorne » sous l’influence du latin et du mot anglais unicorn a fait croire qu’il s’agit d’« une icorne », avec l’article indéfini, d’où l’icorne avec l’article défini, ce qui a donné le mot « licorne ». Selon une interprétation moderne non-reconnue, ce nom pourrait signifier « corne de la loi », « épée de justice », « corne de lumière » ou même « corne de la lune » en langage des oiseaux.
De nombreuses créatures issues de légendes et de récits d’explorateurs sont nommées ou surnommées « licorne », leur seul point commun étant la présence supposée d’une corne unique. C’est le cas du qilin chinois, plus connu au Japon sous le nom de kirin, de l’indrik russe, du re’em de la Bible, du tragelaphos d’Aristote, du Karkadann et du Shadhahvar perses, du Kartazonos (καρτάζωνος) d’Élien le Sophiste (dérivé du sanskrit « Kartajan », signifiant « roi du désert »2,7), du camphruch et du pirassoupi d’André Thevet. Après sa découverte, le mammifère marin à l’origine du commerce des « cornes de licorne » en occident, le narval, acquiert le surnom de « licorne de mer », le narval étant perçu comme la version aquatique de l’animal terrestre légendaire, ce surnom perdure. L’Elasmotherium, grand rhinocerotidae éteint vu comme une origine possible des licornes asiatiques, est pour sa part surnommé la « licorne géante ».
La licorne fascine l’humanité depuis des siècles, l’abondante production littéraire et artistique à son sujet en témoigne. Bien que de nombreuses explications scientifiques dévoilent son origine (confusions avec des animaux réels et créations artificielles, en particulier), un mystère demeure dans l’universalité de sa légende et surtout son côté mystique et ésotérique, porté par des « artistes, conteurs et rêveurs » enclins à la méditation. Les œuvres historiques qui la mettent en scène possèdent souvent une forte charge symbolique, à l’image des tapisseries et des bestiaires du Moyen Âge. Les théories concernant les origines de la licorne se révèlent plus ou moins sérieuses, à tel point qu’Odell Shepard suggère non sans humour dans son ouvrage The lore of the unicorn, publié en 1930, qu’elle doit provenir de l’Atlantide ou des montagnes de la lune.
Le principal débat concerne l’influence de créatures unicornes asiatiques, peut-être connues depuis la préhistoire, sur la licorne occidentale dont l’image s’est forgée au Moyen Âge. Défendue par l’ésotériste Francesca Yvonne Caroutch, cette théorie est réfutée par la thèse de Bruno Faidutti et d’autres études universitaires qui pointent une tendance au syncrétisme sous l’influence, en particulier, des travaux de Carl Gustav Jung dans Psychologie et alchimie : « en mélangeant tout et n’importe quoi dans l’athanor de sa trop vaste culture », il voit dans la licorne « un symbole universel remontant à la nuit des temps », ce qu’elle n’a jamais été.

Origine occidentale

De Monocerote (de la licorne), gravure dans Historiae Animalium par Conrad Gessner, 1551.
Il est très difficile de remonter l’histoire de la licorne occidentale au-delà des récits de Ctésias, au IVe siècle av. J.-C. Au crédit d’une origine préhistorique, l’une des peintures naturalistes de Lascaux est qualifiée de « licorne » en raison de deux traits rectilignes évoquant une corne sur son front. Il s’agit vraisemblablement de la reproduction déformée d’un lynx.
Les observations mal comprises d’animaux réels expliquent en grande partie les multiples descriptions de la licorne occidentale, mais l’histoire de cette créature se révèle bien plus longue et complexe, notamment en raison de sa symbolique. Création du haut Moyen Âge, la licorne est une chimère, elle ne provient pas d’une mythologie puisqu’elle ne présente aucun lien avec la création du monde, les gestes héroïques ou la fondation d’une ville. Elle naît d’un mélange entre traditions orales et écrites, récits de voyage et descriptions des naturalistes. Son origine est à chercher dans les premiers bestiaires inspirés du Physiologos et les textes gréco-romains, eux-mêmes issus d’observation d’animaux exotiques: d’après Odell Shepard, la licorne occidentale est issue du mélange entre le récit de sa capture par une vierge dans le Physiologos, et la description de Ctésias qui en a fait un animal féroce ne pouvant être chassé par des techniques conventionnelles.

Origine asiatique et orientale

Cette scène du combat d’un lion et d’un animal à une corne figure sur un bas relief des ruines de Persépolis. Elle est souvent citée comme « preuve » de l’ancienne origine orientale de la licorne. Gravure du livre de l’explorateur Carstens Niebuhr : Voyage en Arabie et en d’autres pays circonvoisins, Amsterdam, 1779.
Selon l’ésotériste Francesca Yvonne Caroutch, la licorne est issue du chamanisme asiatique. Sa première trace écrite remonte aux Annales de bambou, en Chine. Intégrée à la mythologie chinoise sous le nom de Qilin, elle devient un symbole cosmique dans la civilisation mésopotamienne, de fécondité et de fertilité dans la civilisation indo-aryenne, présente dans les plus anciennes cosmogonies et des textes religieux et philosophiques aussi bien chinois qu’indiens ou perses, en Himalaya, Mésopotamie, et Crète préhellénique.
Elle penche pour une lointaine origine indienne et perse, l’orientaliste Shrader ajoutant que certains bas-relief perses, représentant un bœuf vu de profil (donc avec une seule corne visible), ont joué un rôle dans la diffusion de la légende de la licorne vers l’occident. Chez les perses, l’unicorne de fécondité neutralise les poisons. Comme dans le Bundahishn des anciens sages persans, on trouve trace de créatures unicornes dans l’Atharva-Véda, l’épopée de Gilgamesh, le Rāmāyana et le Mahâbhârata de l’Inde Antique, qui contribuent à diffuser cette légende dans le monde chrétien. Le conte indien de l’« ermite cornu », ou « Ekasringa », issu des Jātaka (récits des vies antérieures du Bouddha) et du Mahâbhârata, met en scène un ermite solitaire appelé Ekasringa, ce qui signifie « Corne unique ». Il conte le périple d’un mystique méditant et vivant dans la forêt parmi les animaux. En buvant à la même source qu’une antilope divine, il donne naissance à un enfant doté d’une corne unique sur la tête et de pouvoirs surnaturels. Ce conte est souvent cité pour son influence sur la licorne occidentale : certains éléments se retrouveraient dans les croyances perses, elles-mêmes à l’origine des récits gréco-romains concernant le monoceros. Au Japon, en Chine, en Inde et en Perse, des versions différentes existent. Le conte d’Ekasringa, issu de la littérature sanskrite, aurait, toujours d’après F.Y. Caroutch, forgé après de nombreux remaniements la légende de l’apparition merveilleuse d’un animal surmonté d’une corne en ivoire, qui ne peut être capturé que par une jeune fille. Un autre récit asiatique parle de la rencontre entre un avant-garde de l’armée de Genghis Khan et un animal unicorne dans le désert, qui lui dit : « L’heure est venue pour votre Chef de rebrousser chemin et de retourner sur ses terres ».

DEBLEDS J, WILLEFERT L.

Célébrations nationales

couverture

Commémorations nationales

 Programme

Le programme des manifestations organisées autour des commémorations nationales est  complété et mis à jour tout au long de l’année.

Le programme 2012 est rattaché à chacune des notices du recueil des Commémorations nationales 2012. Vous pourrez également le retrouver sur Smartphone. L’application 2012 est disponible sur iphone, ipad et android.

 Recueils

La sortie du recueil 2012 a fait l’objet d’une présentation au Ministère de la Culture et de la communication le 4 janvier 2012. Les recueils des années 1999 à 2011 sont également consultables dans cette rubrique.

Par ailleurs, 15 sites thématiques, consacrés à des anniversaires particuliers ont été mis en ligne à partir de 1999 : voir la Collection des sites internet créés à l’occasion des Commémorations nationales.

 La délégation aux commémorations nationales

La délégation aux commémorations nationales a un rôle d’action et de coordination, en établissant la liste des anniversaires à venir, en conseillant les porteurs de projet, en coordonnant si nécessaire les initiatives et en veillant à leur valorisation, en diffusant l’information sur les commémorations et manifestations annoncées. Elle pilote les opérations d’envergure nationale, est maître d’œuvre du recueil annuel et réalise des outils de sensibilisation dans la collection électronique « commémorations nationales » sur le site Internet du ministère de la Culture. Elle travaille en étroite collaboration avec le Département de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la technologie et les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) qui suivent les projets dans leur circonscription.

Cottin L. et Vautier M.

 

Communiqué du 15 mai 2008 du Gouvernement portant sur le projet de loi sur les archives

Le projet de loi

Le projet de loi organique relatif aux archives du Conseil constitutionnel et le projet de loi relatif aux archives, présentés au nom du Gouvernement par Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, ont été adoptés, en seconde lecture par le Sénat, cet après-midi, après avoir été examinés par l’Assemblée Nationale, le 29 avril dernier.

Les délais de communication

S’agissant des délais de communication des archives, il s’agit d’une adoption définitive car les deux assemblées ont abouti à un vote conforme. Seuls restent en navette, pour une dernière lecture à l’Assemblée Nationale, deux articles à caractère technique du projet de loi relatif aux archives.
La Ministre s’est félicitée des échanges autour de ce texte entre le Gouvernement et le Parlement. Elle a souligné « l’équilibre harmonieux » auquel étaient parvenues les deux chambres pour concilier les « attentes légitimes des chercheurs et du grand public » et la « nécessaire protection des intérêts relatifs à la vie privée des personnes et à la sûreté de l’État ».

Sûreté de l’Etat

Le projet de loi opère une très large ouverture de tous les fonds d’archives : au lieu du délai minimum incompressible de trente ans actuellement en vigueur, est instauré le principe d’une communicabilité immédiate des archives publiques.
Des exceptions demeurent pour les documents qui mettent en cause certains secrets protégés par la loi, qui sont alors soumis à des délais de communication. Mais le nombre et la durée de ces délais sont réduits de manière très sensible. Ainsi, les documents aujourd’hui soumis à un délai 100 ans seront désormais accessibles à l’issue d’une période de 75 ans : il s’agit par exemple des recensements de l’INSEE, des dossiers judiciaires ou des registres de naissance et de mariage de l’état civil. Les documents dont le délai de communication est actuellement de 60 ans seront disponibles passés 50 ans : il s’agit notamment des documents couverts par le secret de la défense nationale, de ceux qui se rapportent à la sûreté de l’État ou encore qui portent atteinte au secret de la vie privée.

Protection des archives

Ne restent désormais incommunicables que les seules archives relatives aux armes de destruction massive – compte tenu des risques que présenterait leur diffusion.
La loi contient par ailleurs un volet relatif aux biens culturels dans leur ensemble, qui constitue une réponse directe à la recrudescence des vols et dégradations d’oeuvres intervenus à la fin de l’année dernière – par exemple à la cathédrale Saint-Jean de Perpignan ou au musée d’Orsay. A ce titre elle réprime plus sévèrement les atteintes portées aux biens culturels, en portant les peines d’emprisonnement encourues en cas de vol ou de dégradation de 3 ans à 7 ans et en prévoyant des amendes qui pourront représenter jusqu’à la moitié de la valeur des biens volés, détruits ou détériorés.

MG et VF

Organisation du réseau des Archives en France

Le code du patrimoine

Le code du patrimoine dispose que la conservation des archives est organisée « dans l’intérêt public, tant pour les besoins et la justification des droits des personnes physiques ou morales, publiques ou privées que pour la documentation historique de la recherche ». À chaque niveau de l’organisation territoriale de la France, de l’État jusqu’aux communes, le public est donc en droit de trouver les moyens de repérer et de consulter les documents qui l’intéressent.

Les organismes de conservations

Ceux des documents qui sont des archives publiques au sens du code du patrimoine sont conservés dans de multiples institutions et organismes, sur lesquels le Service interministériel des archives de France exerce un contrôle scientifique et technique.

Les Archives nationales

Les Archives nationales sont constituées de trois services à compétence nationale. Le premier est généraliste et regroupe les sites de Paris, Fontainebleau et Pierrefitte-sur-Seine. Les deux autres sont spécialisés et décentralisés : les Archives nationales d’Outre-Mer sont à Aix-en-Provence et les Archives nationales du monde du travail à Roubaix.

Archives_Nationales_vue_generale

 Les collectivités territoriales

Les collectivités territoriales et les groupements de collectivités sont propriétaires de leurs archives, dont ils assurent eux-mêmes la conservation et la mise en valeur, conformément au code du patrimoine (articles L. 212-6 et L. 212-6-1).  Ils peuvent, dans certaines conditions régies par la loi, confier cette tâche au service d’archives d’une autre collectivité territoriale. L’article 212-11 prévoit en outre que les archives anciennes des communes de moins de 2000 habitants doivent être déposées aux Archives départementales, sauf dérogation accordée par le préfet de département.

 Les  organismes publics ayants une dérogation

Un certain nombre d’organismes publics sont autorisés, à titre dérogatoire, à conserver eux-mêmes leurs archives définitives, à condition de les traiter et de les communiquer au public conformément aux règles en vigueur dans les services d’archives publics.

Archives privées

Les archives privées, en règle générale, relèvent de la responsabilité exclusive de leurs propriétaires. Toutefois, certaines d’entre elles, qui présentent un intérêt pour l’histoire, peuvent soit faire l’objet d’une mesure de classement comme archives historiques, soit être acquises par un service d’archives public lorsqu’elles sont mises en vente.

C.D.

Saint-Etienne de Metz

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Caractéristiques

Généralités

La Cathédrale de Metz a été construite à partir de 1220. Il s’agit de la cathédrale de France possédant la plus grande surface vitrée (6 500m² d’après Wikipédia ^^) ainsi que les plus grandes verrières gothiques d’Europe. Elle est aussi l’une des plus hautes cathédrales de France, avec une voûte qui culmine à 41m du sol.

Les tours

Ses deux tours sont respectivement la tour de la Mutte (actuellement fermée au public) et la tour du Chapitre, bien moins célèbre que sa consoeur.

La légende de Pierre Perrat

Son architecte est Pierre Perrat, un homme de légende ! En effet, d’après celle-ci, il aurait reçu la visite du Diable un soir, alors qu’il s’énervait sur ses plans de l’édifice, qu’il n’arrivait pas à achever. Après avoir signé un contrat avec le Diable, qui mentionnait que celui-ci pourrait disposer de lui à sa mort, c’est à dire lorsque ‘son corps sera mis en terre’, Pierre Perrat reçu du Diable les plans achevés de la cathédrale.
L’édifice fut achevé, et Pierre Perrat, à la fin de sa vie, mourut (d’une mort mortelle, à ce qu’il paraît), et se fit inhumer… dans la cathédrale ! Le Diable vint réclamer son corps, mais alors intervint Saint-Michel, qui stipula que le contrat mentionnait un corps « mis en terre », et qu’il y avait ici un corps dans un tombeau de pierre… Une bien belle tombe pour un architecte, cette cathédrale, vous ne trouvez pas ?

Plus de photos

Article de M.Vautier et de L.Cottin

Conférences et congrès d’autres institutions

5ème conférence sur les bases de données archivistiques, 4-6 juin, Rio de Janeiro, Brésil

Le site internet de la 5ème conférence sur les bases de données archivistiques est maintenant disponible. La conférence est organisée par l’Association des archivistes brésiliens et se tiendra à Rio de Janeiro, Brésil, du 4 au 6 juin 2013. Des traductions simultanées Portugais-anglais sont prévues.
http://www.aab.org.br/v_encontro_2013

Les collègues du monde entier sont invités à regarder le programme et à considérer l’appel à projets.

http://www.aab.org.br/v_encontro_2013/programme.htm
http://www.aab.org.br/v_encontro_2013/call_for_papers.htm

Le thème principal de la conférence est « Différents points de vue sur les archives en ligne : numérisation, mémoire et accès ».

Ce thème sera abordé à travers plusieurs axes de réflexion :

    1. La numérisation : le défi de la gestion et de la conservation des collections face à la question de l’accessibilité
    2. Archives et mémoire au sein de l’internet
    3. Les conséquences du libre accès à l’information

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Lebreton C et Desnoyers A